Saraguro

Equateur

24 mai 2014

Caminante no hay camino...

... el camino se hace al caminar !

Deux jeunes femmes démesurément emmitouflées entrent sur le terrain en terre battue. Elles s'avancent lentement vers le public, ralenties par le poids de leur énorme chargement. Peu à peu, elles prennent possession du lieu et commencent à s’installer en déballant leurs petites affaires.


 

Tout à coup une des valises prend vie et se met à bouger. Les enfants du public rient, les adultes aussi. Puis, après quelques pirouettes et acrobaties la valise s’ouvre pour ne laisser sortir qu’à demi, une joueuse de flûte.

 

 

Ainsi commence le spectacle sans nom créé à et pour Sarraguro. C'est en fait presque sans le vouloir un résumé de l'aventure Trazos Sueltos qui est représenté. Mais avant d'en arriver là, il y a bien sûr eu quelques péripéties! D'abord, le choix du lieu qui est comme toujours la première étape de la création. L'idéal étant de trouver un lieu multifonctions 3 en 1, qui sera à la fois celui de la création, des ateliers  et du spectacle.

Nous entreprenons d'abord une visite scrupuleuse du petit village. Nous cherchons, les parcs et les places publiques sont pleins de charme mais n'offrent aucune possibilité d'accroche pour les aériens. Finalement après maintes hésitations nous nous résignons à occuper le gymnase. Ce n'est pas un espace publique, c'est ce qui nous chagrine le plus. Sachant que l'idée du projet est de créer en nous inspirant du lieu où nous sommes, nous appréhendons un peu par rapport à l'espace du gymnase qui ne ressemble à rien autant qu'à un gymnase. Heureusement, l'espace extérieur de celui-ci nous séduit d'avantage. Il s'apparente à une sorte de parc aux merveilles déchu, un Disney land en décrépitude ou subsistent quelques éléments de décors aux couleurs désormais un peu passées. Cet aspect de monde magique laissé à l'abandon nous charme d'autant plus que derrière les lampadaires en fer forgés, s'offre une vue imprenable des collines verdoyantes. Ce tableau magnifique ajoute un aspect mystique et irréel au lieu.

Finalement, le gymnase c'est pas si mal, pour le coup il y à de la hauteur. Presque trop même. De plus, même si les passages sont nombreux, (balayeurs antihyperactif, invasion des enfants à partir de 13h à la sortie de l'école) le bâtiment nous offre un espace fermé où l'on parvient à se ménager quelques moments de tranquillité. Ce qui est très appréciable dans le sens où cela nous permet d'être plus facilement centrée sur notre travail. Peu à peu, ne trouvant pas particulièrement d'inspiration à l'intérieur des murs du gigantesque gymnase impersonnel, nous décidons d'axer la création un sur thème qui émane davantage de nous que de l'extérieur. C'est à ce moment là qu’apparaît le thème du voyage, celui de Trazos Sueltos, autrement dit le notre.  Pour le coup c'est sur, il y en a des choses à dire et des ressentis à exprimer !

Nous voilà donc en période de pleine improvisation au milieu des valises lorsque en cherchant un lieu pour faire des photos avec Andrés (cf galerie "Rencontre avec Andrés") nous découvrons un autre endroit que nous n'avions pas vu lors de nos premirers repérages. Il s'agit d'un terrain de volley en terre battue, couvert par un toit en tôle parfaitement adapté à  l'accroche des aériens et qui laisse voir un paysage des plus magiques, avec ce fameux mélange de collines verdoyantes et de mer de nuage quasi permanente. On nous accueille avec une gentillesse incroyable et nous décidons alors de venir faire le spectacle ici. Mais pour des histoires de logistique, nous continuons de répéter dans le gymnase.

 

 

 

L'endroit nous inspire. Le sol en terre battue fait naître une danse avec des jupes et l'intensité du paysage nous guide pour le reste. C'est parti, le spectacle prend forme et va être joué tout bientôt!

 

 

Dans le spectacle sans nom de Sarraguro, les Trazos Sueltos arrivent avec leur histoire. Elles sont bien chargées. Elles portent non seulement leur propre histoire mais aussi toutes les belles choses qu'elles ont récoltées durant tout ce chemin. C'est au cours du spectacle qu'elles découvrent, en même temps que les gens avec qui elles les partagent, les messages dont elles sont porteuses.
 
Pour les découvrir, elles dansent, elles chantent, elles virevoltent dans les airs. Avec une alternance d'unissons, de constructions collectives, (comme lorsque Raphaëlle saute en descendant de son trapèze, dans la jupe amenée par Keiria et Camille), ou  encore de solos à la corde et au trapèze, elles construisent et expérimentent ensembles ce qu'elles sont.

 


 

A un moment du spectacle, les filles endossent chacune leur gros sac à dos de montagne  et commencent à s'élever sur leur agrès respectifs. Elles effectuent quelques figures et quand elles parviennent au plus haut, elles commencent à sortir tour à tour des pancartes, qui, une fois assemblés dans le bon ordre permettent au public de lire :

 

« Caminante no hay camino, el camino se hace al caminar»

(Qui pourrait se traduire grosso modo par "Avance sur ta route car elle n'existe que par ta marche")

 

 

Il leur à fallu tout ce périple et faire l'effort d'arriver si loin pour découvrir ce beau message qu'elles portaient en vérité avec elles depuis le début. 

  

 

Le spectacle touche à sa fin, les filles reprennent leurs affaires, la flûtiste replonge dans sa valise puis elles s'en vont comme elles sont arrivées. Ou presque. Quand elles partent, elles chantent  "Pobre corazon"  une chanson traditionnelle d'Equateur qui parle d'un au revoir.

 

 

Ce chant repris en cœur par le public, symbolise l'ensemble du vécu qu'elles emportent avec elles et  qui désormais les accompagnera sur leurs nouveaux chemins... Par ce chant elles emportent avec elle un peu de Sarraguro comme elle ont emporté à l'intérieur d'elles un peu de chaque étape de leur périple. 

Nous sommes parvenues à partager un petit bout de l'intensité de Trazos Sueltos avec tous ces gens, qui contrairement aux spectacles précédents, sont venus exprès pour nous voir puisque cette fois le lieu était un peu excentré.

Nous pouvons dire que c'est le spectacle avec lequel nous avons pris le plus de plaisir. Celui qui nous a fait le plus d'émotions, dans le sens où après la représentation nous ressentions une grande satisfaction couronnée d'un immense bonheur.

Peut-être parce que c'est le plus construit. Parce qu'il parle de nous et peut être aussi parce qu'on sait que c'est le dernier de Trazos Sueltos en Amérique du Sud et que ce spectacle à été la clôture en beauté d'une sacrée aventure ! 

 

 

 
[ ESPANOL ]

Dos mujeres demasiado abrigadas entran en el terreno de tierra batida. Caminan lentamente hacia el público, debido al peso de los bolsos que cargan. Poco a poco se instalan en el lugar, conversando y sacando sus pertenencias de las mochilas.

 

 

De repente, uno de los bolsos empieza a moverse solo. Los niños se ríen, los adultos también. Luego, después de algunas piruetas y acrobacias, el bolso se abre haciendo aparecer una tercera mujer tocando flauta traviesa.

 

 

Así se abre el espectáculo sin nombre, creado en y para Saraguro. Sin que lo hayamos decido de manera consciente, este espectáculo es un resumen de la historia de Trazos Sueltos. Pero antes de llegar a este punto, por supuesto ocurrieron algunas aventuras:


 
En primero lugar, la elección del lugar de residencia que siempre consiste en la primera etapa del proceso de creación. El ideal siendo encontrar un lugar  multifunción 3 en 1 que será a la vez el lugar de la creación, de los talleres y del espectáculo.


Primero visitamos el pueblo. Buscamos, en los parques y en las plazas públicas. Los encontramos muy lindos pero en ninguno vemos la posibilidad de colgar los aéreos. Al fin y al cabo, después de muchas hesitaciones elegimos ocupar el coliseo municipal aunque nos de pena que no sea un espacio abierto y realmente “público”… La idea del proyecto siendo crear inspirándonos del lugar donde estamos, nos asusta un poco empezar a crear en el espacio del gimnasio que no se parece a otra cosa que a un gimnasio, aunque igual tenga su encantito el coliseo de Saraguro. Por suerte nos gusta mucho el espacio exterior del coliseo, que se parece a un viejo decorado Disney. El aspecto de mundo mágico abandonado nos seduce, además detrás de las lámparas de hierro forjado tenemos una vista maravillosa sobre los cerros que rodean la ciudad y las nubes que a menudo los envuelven. Este paisaje le da un toque místico y irreal al lugar. Entonces decidimos que no esta tan mal el gimnasio al final, y por lo menos hay altura. Quizás demasiado, una vez nos es costumbre! También hay que decir que trabajar por primera vez en un lugar cerrado nos permite estar mas enfocadas.  A la medida que van pasando los días, ya que no encontramos inspiración en las paredes impersonales del gimnasio, dejamos el entorno de lado y elegimos crear esta vez desde adentro hacia fuera. Es en este momento que aparece el tema del viaje, el de Trazo sueltos, o sea nuestro viaje…


 
Ahí estamos entonces, en plena improvisación entre medio de nuestras mochilas, cuando paseando por Saraguro descubrimos un lugar en el pueblo que nos encanta en seguida. Se trata de una cancha de vóley cubierta pero en exterior, que tiene una vista mágica sobre las montañas alrededor. La estructura del techo es perfecta para colgar los implementos, y la altura también. Los dueños del lugar nos reciben con mucho amor y aceptan de buena gana cuando les proponemos realizar nuestra función en su cancha. Solo por cuestiones técnicas, seguimos ensayando el gimnasio pero armándolo todo pensando en el espacio de las canchas del Sr Checa…

 

 

 

El lugar nos inspira, da por ejemplo luz a un baile, donde la liviandad del movimiento de las faldas contrasta con el ritmo que golpean nuestros pies descalzos en la tierra. Y la intensidad del paisaje, el horizonte infinito nos guían por el resto…

 

 

En el espectáculo sin nombre de Saraguro, las chicas de Trazos sueltos llegan con su historia. Están cargadas! No tan solo llevan su propia historia si no también todas las cosas lindas que se encontraran en el camino. Es durante este espectáculo que descubren al mismo tiempo que los comparten con el público, los mensajes que llevavan adentro suyo…  Para descubrirlos bailan, cantan, hacen piruetas en el aire. En un vaivén entre solos y conjuntos en el escenario, construyen y experimentan juntas su esencia.

 

 

En un momento, cada una pone su mochila en la espalda y empieza a subir a su implemento. Realiza algunas figuras, y cuando llega los mas arriba empiezan a sacar cada una a su vez carteles en los cuales el público puede leer :

“Caminante no hay camino, el camino se hace al caminar”

 

 

Llegaran tan lejos para descubrir esta frase cuya luz llevaban adentro suyo desde un principio.

 

 

Nos encantó la idea de hacer aéreo con las mochilas de viaje. Nos matamos de risa a ver nuestra siluetas anti-sexy. El contraste entre el cliché del aéreo, liviandad y feminidad, y nosotras gordas y torpes era muy chistoso. Rompimos con la estética de la belleza tradicional. Nos somos muñecas, pero somos lindas!

 

El espectáculo se termina, las chicas juntan su pertenencias, una vuelve a entrar en el bolso con su flauta, y se van como llegaran. Al quitar el escenario, cantan “pobre corazón” una canción ecuatoriana que habla de despedida. En este momento el público une sus voces a las suyas… Este canto representa todo lo vivido durante el viaje que llevan con ellas y que las acompañara en sus futuros caminos.

 

 

Al final esto del viaje fue una buena idea... Logramos compartir un pedazo de la intensidad de Trazos Sueltos con la gente, que al contrario de nuestras funciones anteriores, vino a propósito para vernos ya que el lugar no era céntrico.

Podemos decir que fue el espectáculo que mas disfrutamos. El que nos dio mas emociones, donde después de la función sentimos una satisfacción y una alegría muy grandes.

Quizás porque fue el mas rebuscado. También porque hablaba de nosotras y que sabíamos que era el ultimo trazos sueltos en América latina. Fue la clausura en belleza de una enorme aventura !

 

 

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