Pichari

Pérou

21 mars 2014

Avec les enfants de la jungle

Con los niños de la selva

La semaine suivant notre arrivée, nous démarrons une semaine « test » pour décider combien d’ateliers de cirque nous réaliserons par semaine, à quels horaires, et pour quelle tranche d’âge. Dans l’idéal, nous aimerions former deux groupes: un de grands et un de petits, afin de pouvoir avancer plus facilement avec des groupes plus homogènes… Après avoir un peu déambulé dans la ville, notre choix quant à la réalisation des ateliers se porte sur la place principale de Pichari. Depuis celle-ci on distingue un horizon dégagé et l’immensité du ciel. La place est entourée de collines verdoyantes qui se mélangent à des nuages onctueux, nous rappelant la proximité de la jungle. Cà et là plusieurs sculptures racontent l’histoire et les origines de la ville, notamment le mélange entre la population métisse et les tribus natives, les « ashaninka ».

 

 

Située dans la région du Vraem, classée en zone rouge par le gouvernement péruvien, la ville de Pichari est un des centres névralgiques de la production de la feuille de coca. Le long des allées de la place trônent donc d’immenses sculptures de feuilles de coca, et c’est d’ailleurs le long de l’une de ces allées que nous choisissons d’accrocher nos agrès.

 

 

 
Lors de cette semaine test nous travaillons donc du lundi au vendredi, une heure et demie en fin d’après midi afin de diffuser la réalisation des ateliers et de prendre contact avec les enfants de la place. Nous entreprenons également des démarches auprès de la mairie afin qu’elle nous prête des tapis et nous donne accès à la salle du « Local de organisaciones sociales de base » pour réaliser l’atelier des grands, car les accroches dans l’allée des feuilles de coca n’ont pas beaucoup de hauteur. A la fin de la semaine le rythme est pris, les enfants affluent et nous commençons déjà à nous familiariser avec quelques têtes. Nous observons également que nous avons surtout affaire à des enfants d'une tranche d'âge d’environs 6 à 13 ans. Nous serions ravies d’enseigner aux adolescents, mais nous constatons qu’ils sont assez timides à l’idée de se mettre à faire des galipettes en public !

 

 

 

Nous décidons cependant de garder l’idée d’un atelier pour grand et d’un atelier pour petits. Lundi et mardi de 16h à 17h30 se dérouleront les ateliers des petits, et les mercredi et jeudi de 19h à 20h30 les ateliers des grands (soit à partir de 10 ans). Nous partageons la place avec un professeur de danse, qui tous les soirs de la semaine, même sous la pluie, enseigne la saya. Il s’agit d’une danse folklorique bolivienne, très populaire à Pichari, qu'on entend même en boîte de nuit !

 

 

 

Ainsi débute donc notre séjour à Pichari, bien plus chargé qu’à Santa Cruz puisque nous passons de deux à quatre ateliers par semaine. En parallèle nous travaillons tous les matins au « Mercado Modelo » sur notre création. Le rythme s’avère rapidement être très très intense, surtout en terme de logistique d’accroches aériennes! En effet, il nous faut chaque jour : accrocher les agrès sur notre lieu de création au marché, les décrocher après la séance, puis aller les raccrocher le soir sur la place, et les décrocher après l’atelier… Mine de rien, ça fatigue les avants bras! Mais nous nous armons de courage, quand il faut y aller il faut y aller. Heureusement que la nature est à portée de main pour nous permettre de nous évader un peu de la rudesse du travail. Parfois entre la séance d’entraînement du matin et avant l’atelier du soir, nous partons nous ressourcer à la rivière ou à la cascade, afin de  redonner vie à nos muscles éreintés.

 

 

 

Durant les ateliers des petits, nous gérons en moyenne un groupe d’une vingtaine d’enfants. Rapidement se constitue un petit noyau d’une dizaine d’habitués, ce qui est très agréable! Tandis qu’à Santa Cruz nous avions surtout enseigné la danse voltige, puisque nous disposons à présent de tapis, nous utilisons désormais corde, trapèze et tissu. Avec l’aide de Laetitia qui a été notre contact pour arriver jusqu’à Pichari et qui séjourne avec nous à L’Olympico (voir article précédent) nous sommes désormais quatre encadrantes pour les ateliers, et ce n’est pas de trop!  Nous nous divisons en deux afin d’accompagner les enfants durant l’échauffement, puis aux agrès. Une fois l’échauffement terminé nous fonctionnons avec des groupes rotatifs : un groupe d’environs sept enfants vient s’entraîner tandis que les autres continuent des activités telles que des jeux, de la danse ou du théâtre. Une vingtaine de minutes plus tard, le groupe d’aérien revient s’intégrer avec les autres enfants et un nouveau groupe repart aux agrès. Le groupe des « grands » est en général beaucoup plus restreint avec souvent moins d’une dizaine d’élèves ayant aux alentours de dix ans. Une seule fois nous réussissons à motiver un groupe d’adolescents et nous partons nous entraîner au « Local de organizaciones sociales de base ».

 

 

 

Nous voyons défiler tous types de profil parmi les enfants qui assistent aux cours. Il y a ceux pour qui monter s’asseoir sur le trapèze est déjà un défi en soi et qui ne comprennent qu’au bout de plusieurs fois ce que « plier son genou » ou « pointer ses pieds » signifie. Il y a ceux que les oscillations du trapèze excitent plus qu’elles n’effraient et qui inventent des figures avec enthousiasme. Il y a celles qu’on aide à faire un équilibre de dos et qui sont tellement souples qu’on en reste bouche bé. Et puis il y a des coups de cœurs fulgurants quand on voit un minuscule gamin de six ans monter tout en haut de la corde comme un chef, ou faire des renversés en tenant entre ses petites mains l’énorme tissu en velours marron, que nous avons nous mêmes du mal à prendre en main !

 

Après un mois et demi de séjour, à l’occasion du dernier atelier, nous réunissons tous les enfants, petits et grands, afin d’organiser une présentation générale entre eux. Nous les faisons asseoir sur le muret en face des agrès, et chacun son tour ils nous montrent ce qu’ils ont appris à faire sur l’agrès de leur choix. Beaucoup de sourires et d’émotion… A la fin, nous partageons tous ensembles une grosse salade de fruit et leur disons au revoir, non sans un pincement au cœur. 

 

[ ESPANOL ]

La semana siguiendo nuestra llegada, emprendemos talleres de prueba para elegir cuantos talleres realizaremos por semana, en que horarios y para que edad. Nos gustaría formar dos grupos, uno de grandes y otro de pequeños para poder dictar los talleres con publicos homogéneos. Después de habernos paseado por la ciudad, elegimos la plaza principal de Pichari para realizar los talleres. Desde ahí se ve el horizonte despejado y el cielo inmenso. La plaza esta rodeada de cerros lujuriantes que se mezclan en sus cimas con nubes cremosas recordándonos la cercanía de la selva. Varias esculturas reconstituyen los origines de la ciudad, que se ha construido sobre la mezcla de una población peruana mestiza y una población nativa ashaninkas.

 

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Ubicada en la región del Vraem, esta clasificada como zona roja por el gobierno peruano debido a su importante cultivo de la hoja de coca. Razón por la cual hay hojas de coca esculpidas en las avenidas de la plaza!

 

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Durante esa semana “prueba” trabajamos de lunes a viernes, una hora y media al final de la tarde, para difundir la realización de los talleres. También nos acercamos a la municipalidad para pedir el préstame de colchonetas y el acceso a la sala del “Local de organizaciones sociales de base” para realizar el taller de los grandes. Al final de la semana ya hemos tomado el ritmo, hay una afluencia de niños, y hasta ya reconocemos algunas caras. Observamos que vienen sobretodo niños de los 6 a los 13 años. Nos encantaría poder dictar talleres a los adolescentes, pero se ven bastante tímidos frente a la idea de hacer volteretas en público! Sin embargo elegimos mantener la idea de un taller par chicos y otro para grandes. Lunes y martes de las 16h a las 17h30 impartiremos el taller de los pequeños, y miércoles y jueves de las 19h a las 20h30 impartiremos el taller de los grandes (desde los 10 años). Compartimos la plaza con un profesor de danza, que dicta clases de saya todas las noche de la semana, aún bajo la lluvia! Se trata de un baile folklórico boliviano muy popular en Pichari, hasta se escucha en las discotecas.

 

 

 

Así empieza nuestra estadía en Pichari, mucho mas exigente que en Santa Cruz ya que pasamos de dos talleres semanales, a 4 talleres semanales. En paralelo trabajamos todas las mañanas en el “Mercado Modelo” para nuestra creación. Pronto el ritmo se demuestra muy muy intenso, sobretodo en términos de logística de montaje de los implementos. De hecho cada día tenemos que:  colgar los implementos en la mañana en el mercado, sacarlos al inicio de la tarde, colgarlos de nuevo en la tarde para dar los talleres, sacarlos después de los talleres… Eso cansa los antebrazos! Pero cobramos animo, si hay que hacerla, hay que hacerla.

 

 

 

Por suerte la naturaleza esta cerca y nos permite evadirnos. A veces después del entrenamiento de la mañana y antes de los talleres de la tarde, nos vamos hacia el rio o la cascada para relajar nuestros cuerpos doloridos.

 

 

 

Durante los talleres de los pequeños atendemos un promedio de veinte niños. Pronto se constituye un nucleo de una decena de niños que siempre vuelven, los que es muy agradable! Mientras en Santa Cruz habíamos enseñado sobretodo danza aérea, ahora que tenemos las colchonetas ocupamos la cuerda, la tela y el trapecio. Con Laetitia que fue nuestro contacto para llegar hasta Pichari y que aloja con nosotras en el Olimpico (ver articulo anterior) somos ahora cuatro para realizar los talleres... menos mal! Una vez el calentamiento terminado organizamos grupos rotativos: siete niños se van a los implementos mientres los demás permanencen juntos y hacen teatro o danza. Veinte minutos después el grupo que se fue a hacer aéreo vuelve mientras otro grupo se va. El grupo de los grandes es en general mucho mas chico con una decena de alumnos que tienen alrededor de diez años. Solo una vez logramos motivar un grupo de adolescentes a los cuales dictamos un taller en el “Local de organizaciones sociales de base” donde hay mas altura.

 

 

 

Vemos toda clase de niños venir a los talleres. Hay para quien ir a sentarse arriba del trapecio ya es un desafío, hay quien solo al cabo de diez vez entenderá lo que significa “doblar las rodillas” o “poner los pies en punta”. Hay para quien los balanceos del trapecio son un motivo de excitación mas que de miedo y que inventan nuevas figuras con entusiasmo. Hay las niñas que ayudamos a hacer un equilibrio de espalda y que son tan flexibles que quedamos boca abierta. Y también hay las corazonadas cuando vemos a un niño de seis años hacer casi solo todos los ejercicios que le proponemos! 

 

Al cabo de una estadía de un mes y medio, para el ultimo taller, juntamos todos los niños para organizar una muestra entre nosotros. Los hacemos sentarse en el suelo frente a los implementos y cada uno a su vez, nos muestran lo que han aprendido en el implemento de su elección. Muchas sonrisas y mucha emoción… Por ultimo compartimos una ensalada de frutas gigante y les decimos adiós, no sin que se nos apriete un poquito el corazón.

 


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