"Ma maison est la votre" ou l'art d'acceuillir au Chili

« Mi casa es su casa » o el arte de recibir en Chile


Au début de ce premier épisode le 16 novembre 2013, nous avons eu la grande joie d’aller chercher notre van hyundai h100 au garage à Santiago. Nom : Princesse, date de naissance : 1994,  hauteur au garot : 2m20 , nombre de kilomètres : 150 000 km.  A l’occasion de notre despedida (soirée d’adieu), nous avons voulu montrer à Cristian (notre maestro chilien) ledit camion… qui s’est trouvé avoir le pneu gauche avant crevé ! Première déconfiture, mais pas de panique ! Ce n’est après tout qu’un détail. Nous voici donc le lendemain matin, dimanche 17 jour des élections présidentielles, en train de faire le tour des épiceries du quartier pour trouver un crick afin changer la roue. Une demi-heure plus tard, il y a sept personnes qui se sont allongées par terre pour analyser la situation, et deux voisins en train de resserrer les boulons de la roue de secours, un petit sourire en coin quand on leur explique qu’on va en Equateur.

Mercredi 20. Après un nouveau passage au garage, un coup de balais passé, les valises et le matériel chargés nous sommes sur le point de partir quand Cristian arrive pour nous faire un dernier adieu.

 

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Que d’émotions ! Cristian qui nous a toujours soutenues, aidées, formées, fait rire... Une photo, et en route ! Pas de cartes (pour quoi faire ?) : il faut aller au nord, toujours au nord !


Camille conduit, Raphaëlle chante, Marthe surveille le tableau de bord en coin. Une aire d’autoroute, un plein, puis Marthe qui conduit, les filles font la sieste. Arrivée sans encombres à la Serena. Nous sommes accueillies comme des reines par José, un ami de Javiera notre ancienne colocataire de Santiago, qui se trouve justement avoir 4 lits superposés, une douche chaude et de la bonne humeur à revendre ! « Faites comme chez vous, installez-vous ». Quoi de plus agréable pour une première journée de voyage !


Jeudi 21 objectif Copiapo : le début du désert chilien. Après avoir constaté que notre van perd de l’huile nous prenons soin de vérifier les niveaux régulièrement.

 

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Copiapo : jolie ville, un bon petit spectacle au feu rouge pour payer le plein, puis un passage à la fin du marché pour compléter nos  provisions. Une douche à la station service. Première nuit dans le désert !

 

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Vendredi matin, remise à niveau de l’huile puis en route ! Nous passons Chañaral. La panaméricaine longe le bord de mer, les paysages sont magnifiques ! Une nuit sur la plage, douche au bidon, riz pas trop cuit avec une pointe de sable pour le croustillant.

Samedi, le désert.

 

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Un intervalle dansé alors que le soleil est au plus haut, le sable brûlant, sous les notes envoûtantes soufflées par Camille. Une grosse journée de route pour le camion, à qui nous ménageons des pauses régulières.

 

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Nous arrivons finalement à Antofagasta, étape prévue pour ce soir. Le temps de s’arrêter pour demander le chemin : une épaisse fumée blanche sort, odeur de brûlé, le camion cale… angoisse qui monte, on se rappelle que même si on roule des mécaniques quand on bichonne notre van au milieu des camionneurs… on n’y connaît RIEN ! On a faim, on est perdues dans cette grande ville, il fait nuit, il y a du monde… finalement on parvient à se garer dans une rue sans habitations. On se rend vite compte qu’il s’agit d’une entrée et sortie de poids lourds qui transportent de l’essence et qui manoeuvrent autour de nous toute la nuit. Le calme du désert est loin, l’insouciance des premiers kilomètres aussi ! Mais c’est après la nuit la plus noire qu’arrive le lever du jour… et dimanche matin, ne sachant trop que faire, nous décidons d’essayer de rapprocher le camion du centre. Le hasard nous mène aux portes du YMCA. On entend des chants, on voit des gens arriver en souriant… Nous rentrons pour essayer de trouver le contact d’un garage, ce qui n’est pas gagné étant donné que c’est dimanche ! Le mot se passe… il y a trois françaises en voyage qui sont tombées en panne devant le centre. Les informations circulent, on nous offre d’utiliser les sanitaires, le gérant contacte tous les mécanos de confiance qu’il connaît. Au bout de quelques heures, on nous a redonné confiance, les pratiquants font une prière pour nous souhaiter bonne chance. Tout est organisé pour notre confort en attendant d’avoir l’avis d’un mécanicien lundi matin. Tant de générosité, d’énergies positives qui nous rechargent. On commence à comprendre la magie des rencontres de voyage… De quoi passer un dimanche après midi paisible. Du temps pour chercher un endroit pour s’entraîner un peu. Mais c’est le désert ! Pas d’arbre pour accrocher une corde !

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Finalement on trouve une magnifique structure devant le port, qui n’attendait que nos agrès pour prendre vie.


Lundi matin, arrivée de notre ange bienfaiteur. Don Osvaldo du YMCA nous offre eau chaude pour le petit déjeuner et les douches ! Comme promis, il s’occupe d’aller chercher un mécanicien pour nous dépanner. Miguel-Angel arrive… diagnostique la panne d’un œil certain, et les deux hommes se passent le relais du sauvetage des trois artistes françaises « vaillantes ». Dès le début, on se sent en sécurité auprès de ce chilien incroyable, drôle et dynamique. Toujours souriant et à nos petit soins.

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Dès l’arrivée au garage, il nous enrôle pour l’assister dans le démontage du moteur, et nous initie aux rouages de la mécanique. Verdict : joint de culasse mal serré, fuites d’huile mélangées à fuites d’eau. Filtre trop vieux, une bougie endommagée par les fuites. Les clefs tournent, on éponge le liquide, on regarde sous la voiture, attentives aux leçons de Miguel-Angel.

Pour comble de bonnes attentions, les gérants du garages nous accueillent à leur tour avec grande générosité : c’est le début de notre séjour au «taller de mecanico » : une cuisine, des toilettes, une douche, un hangar où loge notre camion à cœur ouvert, et un pick up avec banquette et remorque pour installer nos matelas et duvets !

 

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Les réparations avancent bien, quelques coups durs quand on apprend que le premier mécano n’a pas été tout à fait honnête avec nous… mais surtout, la réalité de l’immense générosité de ces gens qui font tout pour nous aider. Hernan, nous aide à aménager le camion, nous construit un sommier pour remédier au matelas tobogan qui nous servait jusqu’alors de couchette. Des étagères sont en cours de préparations. On nous donne des outils, de la crème solaire dès que l’on revient un peu hâlées, une auto-radio qui traînait… Au début on ne comprend pas pourquoi tant de bonté pour nous les petites « artistes vaillantes », et puis on apprend à accepter, à se laisser aider et on participe à la vie de ce petit garage plein de poussière et d’odeurs fortes au bout de la ville !

L’efficacité de Michel-Angel nous a permis d’avoir le van sur pied en trois jours ! Jeudi 28 dernières retouches, comme le coffre qui ne s’ouvre plus depuis le premier soir ou le rétroviseur brinqueballant.

La liste des petits anges rencontrés peut encore s’allonger… Une bonne soirée passée chez José, un autre ami de Javi qui décidément nous a mis des bouées de secours tout au long de la route ! Pour une bonne douche chaude et un repas convivial.


Première étape déjà pleine d’émotions, de rencontres belles et sincères. Comment vous remercier tous, vous qui nous avez tant aidé ! C’est grâce à vous si notre projet peut suivre son chemin… Mil gracias por su generosidad!

 

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[ ESPANOL ]

 
Al comienzo de este capitulo, el 16 de noviembre de 2013, fuimos a buscar nuestro furgón hyundai h100 con mucha alegría al taller mecánico en Santiago. Características del vehículo : nombre : Princesa, fecha de nacimiento : 1994, altura : 2m20, kilometraje : 150 000km. La noche de nuestra despedida, quisimos enseñar el furgón a nuestro maestro Cristian y sorpresa… ya tenia la rueda delantera izquierda pinchada ! Primer bajón, pero al final es un detalle nomás. Así que en la mañana del día siguiente, domingo 17 de noviembre día de las elecciones presidenciales, damos la vuelta a los almacenes del barrio en búsqueda de una gata para poder cambiar la rueda. Media hora después, siete personas ya se habían echado debajo del furgón para analizar la situación. Dos vecinos habían venido a apretar los pernos de la rueda de repuesto, una leve sonrisa en la cara cuando les contábamos que teníamos la intención de ir hasta Ecuador.

Miércoles 20. Después de una nueva pasada al taller, una barrida, las maletas y el material cargado estamos a punto de partir cuando Cristian llega inesperadamente para darnos el ultimo adiós y acordarnos que contemos con su apoyo desde Santiago para toda la duración del proyecto ! Quedamos muy conmovidas… Una ultima foto y estamos.

 

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Nada de mapas, para qué, si hay que ir al norte, todo el rato hacia el norte !

La Camille maneja, la Rafa canta, la Marta observa el tablero con atención. Una bomba de benzina, rellenamos a full, la Marta maneja, las chicas duermen. Llegamos sin problemas a la Serena, donde una amigo de la Javi, nuestra compañera de casa de Santiago, nos acoge como reinas en su casa donde nos esperan tres camas confortables, una ducha caliente y mucha alegría ! « Están en su casa ». Nada mas agradable después de una primera jornada de viaje.

Jueves 21 objetivo Copiapó: el comienzo del desierto chileno. Después de haber notado que el furgón pierde bastante aceite, verificamos los niveles con frecuencia. Llegada en la bopnita ciudad de Copiapó : hacemos semáforo para pagar la benzina, vamos a la feria para reciclar, una duchita en la Copec y nos lanzamos de nuevo a la carretera. Primera noche en el desierto !

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Viernes en la mañana, rellenemos el aceite y nos marchamos. Atravesamos Chañaral, la panamericana sigue la costa, los paisajes son hermosos !

 

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Una noche en la playa : duchas con el bidón y arroz mal cocido con unos granos de arena.


Sábado empieza el desierto de verdad.

 

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Bailamos un rato mientras el sol esta a su zenit y el arena hirviente, acompañadas por el silbido de la flauta de Camille. Recorremos hartos kilómetros, con algunas pausas para que el furgón pueda descansar. Al anochecer, llegamos por fin a Antofagasta. Nos detenemos para que nos indiquen el camino hacia el centro de la ciudad, y cuando arrancamos de nuevo un espeso humo blanco empieza a salir del silenciador,  hay olor a quemado en la cabina, y después de unos temblores el furgón parece negarse a prender nuevamente. Momento de angustia profunda : a no ser como verificar los niveles de agua y de aceite no sabemos nada mas de mecánica ! Tenemos hambre, estamos perdidas en esta ciudad que nos parece poco amena, hay gente por todos lados…. Después de muchos intentos logramos arrancar y aparcar en una calle sin habitaciones. Lamentablemente  pronto realizamos que se trata de un recinto donde camiones enormes vienen a cargar y descargar bencina. La calma del desierto esta lejos y la despreocupación de los primeros kilómetros también ! Pero lo mas oscuro de la noche es antes del amanecer…

El día siguiente, día domingo, decidimos acercar el furgón al centro de la ciudad cuesta lo que cuesta. Por casualidad, aparcamos frente a un YMCA. Se escuchan cantos y hay gente sonriendo por lo tanto entramos a contar nuestra historia para tratar de conseguirnos el contacto de algún taller mecánico.  Nos escuchan con atención, nos dan acceso a los baños y a las duchas, nos dicen que podemos dejar el furgón aparcado frente al centro esta noche y que mañana a primera hora trataran de conseguirse un mecánico de confianza para que venga a revisar el auto. Después de algunas horas retomamos confianza, y recibimos una oración de la gente del centro para que nos acompañe la buena suerte. Mucha energía positiva y buenas vibras que nos recargan. Empezamos a entender la magia de los encuentros fortuitos en los viajes…. Relajadas con el tema del furgón, podemos pensar en entrenar. Problema : hay pocos arboles en el desierto. Pero el que busca encuentra, y acabamos por colgarnos en la magnifica estructura del puerto de Antofagasta a quien solo faltaban nuestros implementos para tomar vida.

 

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Lunes en la mañana, llegada de nuestro ángel de guardia : don Osvaldo del YMCA nos ofrece agua caliente para el desayuno y acceso a los baños. Como prometido, se encarga de ir a buscar un mecánico para ayudarnos. Llegada de Miguel-Ángel… una mirada al motor y diagnostica la pana con seguridad. Nos propone llevar el vehículo al taller donde trabaja, y donde también nos podremos quedar mientras hace los arreglos.

 

Desde un principio nos sentimos en seguridad al lado de este chileno increíble, chistoso y dinámico : siempre de buen humor y preocupado por nosotras. Lo observamos mientras saca el motor y nos inicia a los secretos de la mecánica. Diagnostico : empaquetadura de culata mal apretada lo cual tuvo por consecuencia que el agua se mezclara con el aceite. A esta pana se añaden muchos otros detalles, las llaves bailan, los pernos se sueltan y miramos atentas al maestro en acción.

Los dueños del taller también nos acogen con mucha generosidad, y así empieza nuestra estadía en el taller mecánico ubicado en el barrio industrial de Antofagasta.

 

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Una cocina, un baño, un galpón donde nuestro furgón esta siendo operado a corazón abierto, y un pick up donde poner nuestro colchón y nuestras bolsas de dormir. Las reparaciones avanzan rápido aunque siendo muchas : parece que los que arreglaran el furgón en Santiago no fueran completamente honestos con nosotras… Pero lo inmensa bondad de la gente que nos rodea nos hace olvidarlo.

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Hernán nos ayuda a mejorar el interior del furgón, colocando  un somier para que podamos dormir como en una verdadera cama, una plancha de madera clavada en la pared para ganar espacio ordenando. Nos regalan herramientas, bloqueador cuando volvemos demasiado rojas del semáforo, una radio que nadie ocupa… Al principio no podemos creer que nos estén ayudando tanto a nosotras las « artistas valientes » como nos dicen, pero al rato aprendemos a soltar y a recibir, haciéndonos participe de la vida de este taller arenoso y con olor a bencina.

La eficiencia de Miguel-Ángel nos permitió tener el furgón reparado en tres días ! Jueves 28 últimos arreglos, como el de la puerta trasera por ejemplo que ya no se abría desde la primera noche. La lista de los ángeles aun se puede alargar, añadiendo a otro José también amigo de la Javi que nos recibe una noche en su casa para una cena alegre y una ducha caliente.

Primera semana llena de emociones, de encuentros lindos y sinceros. Como darles la gracias a todos ustedes que nos ayudaran tanto ?! Es gracias ustedes que el proyecto puede seguir adelante… Mil gracias por su generosidad !

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